MDS – Les Conseils

Si l’idée d’une participation au Marathon des Sables commence à vous titiller ou si vous préparez une course à étapes en auto-suffisance, vous devez actuellement vous poser pas mal de questions : Comment est-ce que je dois m’entraîner ? Qu’est ce que je dois emporter dans mon sac à dos ? Quelle alimentation faut-il privilégier ?

Avant de me lancer dans cette aventure avec C. j’ai passé pas mal de temps à faire des recherches sur le sujet. Evidemment, Internet regorge d’informations sur le MDS mais la partie la plus plaisante à été la lecture de livres de finishers (les conseils y sont peut être moins « directs » mais on visualise mieux l’aventure et donc on se projette également mieux). Il était temps que j’apporte moi aussi ma pierre à l’édifice en vous expliquant les points sur lesquels nous avons été malins et ceux sur lesquels nous nous sommes plantés.

Attention, les conseils ci-dessous ne sont absolument pas organisés par ordre de priorité. Vous pouvez piocher comme bon vous semble 🙂

Les bonnes idées :

Optimisation du poids du sac à dos : Mon sac pesait 7,5kg au départ (sans l’eau). Autant vous dire qu’il faisait partie des poids plumes sur le campement. Je pense que cette bonne gestion du sac à dos a été un des facteurs qui expliquent ma relative « bonne » performance sur ce MDS . Je tiens également à préciser que malgré ce faible poids, je n’ai à aucun moment manqué de confort ni de nourriture. 

– Choix du matériel : Nous avons fait confiance à des produits techniques et avons fait quelques recherches avant de faire nos achats. Pour les principaux éléments, sac à dos et guêtres, la marque Raidlight nous a totalement satisfaits. Aucun frottement à signaler au niveau du sac et pas de sable dans les chaussures. (Note : Comme promis mon dernier article de la série MDS sera consacré au matériel emporté.)

Les plats lyophilisés : Ma stratégie était de prendre des plats simple à base de pâtes. Je suis très contente de ne pas m’être éparpillée dans des choses compliquées. Pour une prochaine fois je retiens tout de même un plat supplémentaire qu’il faudra absolument emporter : l’aligot !

– Les tresses : Est ce que je dois vraiment vous rappeler que nous sommes restés quasiment 10 jours sans nous laver (entre le décollage de Paris jusqu’à l’arrivée à Ourazazate après le MDS) ? Grâce à mes tresses, j’ai fait d’une pierre deux coups en résolvant à la fois la question du shampoing et celle des cheveux qui s’emmêlent. De plus, je dois dire que ce petit coté guerrier participe au processus d’appropriation de la course.

– Les gants imprégnés : Après les cheveux, il y avait l’épineux sujet de la toilette quotidienne. Là encore, c’est un sujet très personnel. De notre coté, nous avons suivis les conseils trouvés sur le blog de Michel (la référence web en terme de préparation au MDS) et opté pour les gants imprégnés. Certes, ils pèsent leur poids (20g l’unité, soit 120g pour 6 jours de course) mais ils sont très pratiques pour faire une « toilette de chat » tous les soirs avant de se glisser dans son duvet.

– Les saucissons : En ravito, pendant la course, ou en récupération à l’arrivée, ces petits saucissons individuels ont été le produit énergétique phare de notre MDS. Honnêtement, pour moi qui mange peu de viande, c’est un peu troublant d’écrire cela mais je crois que mon corps me demandait des protéines et du sel. Cela marche aussi avec de la viande séchée.

– Yoga : C’était ma petite touche personnelle dans cette préparation. En effet, quand on vous parle MDS, tout le monde pense à la course à pied et aux heures de running qu’il va falloir s’enquiller pour préparer ses jambes. Cependant, ce que l’on a tendance à oublier, c’est que l’on va devoir porter un sac à dos bien chargé pendant plus ou moins 250km. Il est donc tout aussi important de travailler le haut du corps. Cela peut se faire avec du gainage ou grâce à la natation mais dans mon cas, ce qui aura été le plus bénéfique c’est ma pratique hebdomadaire de Yoga Vinyasa (yoga dynamique). Je n’ai absolument pas eu de douleurs au dos de tout le voyage et j’étais très à l’aise assise sur notre tapis berbère en fin de journée quand pour d’autres cette position était peu confortable.

– Les bâtons : Ils auront sauvé l’aventure de C. En effet, victime du syndrome de l’essuie glace, les bâtons lui ont permis de décharger une partie du poids sur le haut du corps. Dans mon cas, ils auront été un poids supplémentaire à transporter tout le long de la course. Pourtant, si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde et je les emporterais à nouveau avec moi. A notre niveau, lorsque l’on se lance dans ce type d’aventure, l’idée c’est de finir, alors si 320 grammes de plus peuvent éviter un abandon, la décision est vite prise.

Colas et ses bâtons en route vers la tornade.

Les ratés :

– Ne pas s’être entraînée avec le sac à dos chargé : J’attribue mes problèmes d’ampoules sous les ongles des gros orteils à la modification de ma posture de course à cause du poids du sac à dos. Le sac tirant sur l’arrière, mécaniquement le centre de gravité bascule sur les talons et les gros orteils se lèvent légèrement à chaque pas. Ils ont donc dû taper régulièrement dans le haut de ma chaussure au fil des kilomètres. La bonne nouvelle, c’est que cela n’empêche pas de faire la course. Dès que le pied est chaud, la douleur se fait oublier. Pour tout vous dire, courir m’était plus confortable que de marcher.

– Trop de barres énergétiques : Ces produits sont intéressants car ils ont un bon rapport calorie/poids mais honnêtement nous ne pouvions plus les voir en photo à la fin de l’aventure. Toute la tente était unanime sur le sujet : si c’était à refaire nous emporterions plus de vraie nourriture (saucissons, viandes et fruits séchés, noix de cajou, et peut être même du fromage) et moins de barres.

– Les petits déjeuners : Nous ne les avions pas testés avant de partir. Grave erreur. Il fallait vraiment que je me force pour avaler mon porridge fruits rouges le matin. Cela ressemblait à une grosse bouillie et ne faisait pas du tout plaisir au palais (en même temps, quelle idée de prendre du porridge ?). Je dois dire que sur ce point je n’ai pas malheureusement pas encore de solution à vous donner. J’ai vu qu’il existait des plats lyophilisés salés pour le petit déjeuner (par exemple les œufs brouillés), il faudra que je teste. Si vous avez d’autres suggestions, je suis preneuse 🙂

– Gestion de la tente à la légère (les premiers jours) : Je vous l’avais écrit ici, votre tente est votre refuge pour une semaine, il ne faut donc pas la négliger. Nous n’étions pas très pros les premiers jours mais nous le sommes devenus : régler la hauteur des bâtons de bois (qui constituent l’armature de la tente) pour éviter que le vent et le sable ne s’engouffrent pendant la nuit, enlever un maximum de cailloux sous le tapis pour mieux dormir, vérifier que les piquets sont bien arrimés…

La Chance :

Pour finir, je voulais souligner deux facteurs « chance » qui auront été déterminants dans notre aventure. Nous avons bénéficié d’une météo assez clémente qui explique notamment le faible taux d’abandon (5%). En effet, il n’a jamais fait « très chaud » et nous n’avons pas atteint les 40 degré Celsius de certaines éditions. Le risque de déshydratation était donc relativement faible (il fallait tout de même respecter les consignes en matières de prise de sodium). Le deuxième facteur chance, vous le connaissez déjà : il s’agit de la fabuleuse équipe de la tente 75. Une première rencontre à l’aéroport et une seconde dans le bus qui nous emmenait au campement initial auront scellé le destin de notre aventure ensemble. A mes super co-équipiers et à la chance, je voulais dire un grand MERCI !

J’espère que ces quelques réflexions sur le MDS vous aideront dans la préparation de votre aventure. Moi je réfléchis déjà à la prochaine.

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