Swim Outside

« – On vient pas de nager 500m ?
– Non je crois qu’on a bien fait 400m. Attends, je vérifie sur ma montre. Si, tu as raison, je me suis trompée dans le comptage des longueurs. Bon ce n’est pas très grave, on repart sur un autre 400 en plaquettes ?
– Ok ça marche. »

C’est en substance le type de conversation que nous pouvons avoir avec Anne lors de nos entrainements en piscine. Quand je commence à me planter sur le nombre de longueurs de bassin (surtout lorsque l’on nage dans une piscine de 50m, où il est normalement assez facile de ne pas se tromper), c’est qu’il est grand temps que j’aille nager en milieu naturel. Avec des origines bretonnes, j’ai forcement une préférence pour l’océan mais je suis aussi toujours partante pour un petit plouf dans un lac ou autre bassin nautique.

Nager en milieu naturel, c’est à la fois un réel plaisir, une récompense après toutes ces heures passées dans l’eau chlorée des piscines parisiennes mais c’est aussi un petit challenge.  L’eau peut être froide, il y a des objets non identifiés qui vous touchent (hum un petit tas d’algues coincé dans ma plaquette) et parfois aussi des peurs totalement irrationnelles (Nessie, ca te parle ?). Extrait du petit dialogue intérieur du nageur en milieu naturel :

« – Allez c’est parti pour un petite sortie en mer. Ma montre capte le signal GPS. L’eau n’est pas encore rentrée dans ma combinaison. Mes pieds font thermomètre. Verdict : elle est super bonne.
– Une fois le visage dans l’eau : Ah oui quand même, ça pince sec !
– Pense SwimRun Morgane. Quand tu enchaineras les portions de courses à pied et de natation, tu n’auras pas le temps de barboter tranquillou pour t’acclimater.
– Whaouuu ! Ce nouveau spot est exceptionnel. L’eau est translucide. Il n’y a pas un chat.
– Premier aller, l’échauffement est terminé. Maintenant on pense technique : on allonge le bras pour bien glisser sur l’eau. On se gaine pour accompagner la rotation de l’avant du corps.
– Hey mais je glisse plus vite là, non ?

– Ahhhhh, il y a un truc qui vient de me toucher le pied ! Ouf, c’est le cordon de ma combinaison qui s’est détaché.
– Revoilà le petit passage technique au dessus des rochers. Attention aux moules qui peuvent accrocher la combi.
– Coool, on revient plus vite sur le retour. Je suis au moins à 3,3km/h !
– Encore une micro vague scélérate. Elles est super salée cette eau. Heureusement, que j’ai descendu ma gourde avant de commencer à nager.
– Tu te souviens qu’au mois de juin lors du défi des Courreaux  (edit : traversée eau libre de 6,5km accompagnée d’un kayak entre l’île de Groix et la terre) il y a un concurrent qui s’est pris un requin pélerin de plein fouet. Mais attends, l’île de Groix, elle est juste en face de ton nouveau spot de natation.
– C’est pas un aileron le truc que j’ai aperçu en reprenant ma respiration sur la gauche? Le problème de la respiration 3 temps, c’est que tu ne peux vérifier ce qui se trouve sur ta droite que toutes les deux respirations.
– Deux respirations plus tard : piouff, c’était juste un bout de goémon qui flottait.

– Tiens, Maud est sur la plage et me prend en photo. Je vais me rapprocher du bord. C’est le moment de bien sortir le bras et de glisser au maximum. Je vais passer en deux temps pour faire un petit coucou.
– Allez, on accélère maintenant. Il ne faut pas mollir dans la remontée au vent.
– Bim, ca fait 2 fois que je me prends cette ligne qui délimite la zone de baignade surveillée. Faudrait penser à lever la tête de temps en temps.
– Un coup d’œil sur la montre : 2,3km. Un dernier aller/retour avant de remballer.
– Magnifique ce banc de petites fritures. Ils tracent un truc de malade.
– Dis donc, ca ne serait pas une petite paire de fesses que j’aperçois sur ma droite.
– Si si, c’est bien le cas. Cette plage ne se surnomme pas la plage aux « culs nus » pour rien.
– Morgane, on ne se déconcentre pas. Plus qu’un retour à effectuer pour atteindre l’objectif du jour.
– C’est toujours plus facile quand on attaque la dernière ligne droite. Enfin ligne droite façon de parler car je suis sure que mon tracé GPS va être tout sauf rectiligne.
– On tire l’eau jusqu’au niveau de la cuisse.
– Ca y est, the job is done : 3,8km de plus au compteur. Je vais arrêter de me parler à moi même maintenant. »

Un grand merci à ma reporter photo, Maud, et à notre oncle pour nous avoir fait découvrir ce super spot. We will be back.

Get Outdoor.

 

 

 



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